Mérenptah

Publié le lundi 05 décembre 2005 (mis à jour le mardi 16 octobre 2007) par Benjamin Recommander l'article à un(e) ami(e) Version imprimable Version PDF (7) Lire / Ecrire un commentaire :

Nouvel empire, XIXème dynastie. Il règne de - 1213 à - 1203 avant J.-C.

Titulature :

Nom d’Horus : Kanakht Haiemmaât ; « Taureau puissant réjouissant Maât »

Nom d’Horus d’or : Neb Senedjaashefit ; « Le maître de la crainte dont le prestige est grand »

Nom de Nebty : Iri baouertaen tjemhou ; « Celui dont la puissance est grande et les victoires grandioses »

Nom de couronnement (deux écritures possibles) :

Ba en rê Meri en Imen ; « L’âme de Râ, l’aimé d’Amon »

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U6C12C2E11
N35
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Ba en rê Meri netjerou ; « L’âme de Râ, l’aimé des dieux »

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C2E11
N35
R8A
N36
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Nom de naissance (deux écritures possibles) :

Meren Ptah Hotep Maât ; « L’aimé de Ptah, qui satisfait Maât »

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U7
N35
Q3
X1
V28R4
X1 Q3
U4X1
D36
>

Meren Ptah Hotep her Maât ; « L’aimé de Ptah, celui qui est satisfait de Maât »

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C10A40N36R4
N35
D2
Z1
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Parents :

Ramsès II et Isis Nofret.

Successeurs :

Amenmès et Séthi II (conflit de succession)

Biographie :

Mérenptah était le treizième fils et dernier représentant masculin de l’importante descendance de Ramsès II. Sa mère, Isis Nofret, le mit au monde vers approximativement - 1268 avant J-C. Il était donc déjà âgé lors de sa prise de pouvoir vers - 1213 avant J-C : environ 55 ans. Il faut cependant savoir que Mérenptah exerçait déjà des fonctions très importantes sous le règne de son père, sans toutefois incarner le prince héritier. Devant la très grande longévité de Ramsès II, il se trouva être le dernier de ses fils encore en vie. C’est la raison pour laquelle, peu de temps avant de mourir, son père le désigna comme son digne successeur. Ainsi, sa prise de pouvoir se fit de façon très naturelle ; Mérenptah étant déjà très présent dans les instances dirigeantes du royaume depuis de nombreuses années.

Buste fragmenté de Mérenptah

Buste fragmenté de Mérenptah, Musée du Louvre, Paris

Le début du règne de Mérenptah fut marqué par ses actions de paix envers le royaume Hittite, le traité établi par Ramsès II et Néfertari restant toujours d’actualité. Cela se manifesta notamment par des dons de nourriture, pour lutter contre la famine qui s’installait peu à peu en pays Hittite.

Cependant, très vite, les choses se compliquèrent. Mérenptah dut faire face à un grand nombre de révoltes et de tentatives d’invasion. Des foyers de rébellions naquirent par exemple en Nubie et au Levant (ce sont les territoires sous contrôle égyptien lors de la XIXème dynastie que l’on nomme aujourd’hui « Le proche Orient »). Mais c’est en l’an 5 du règne du pharaon que l’Egypte connut une grave tentative d’invasion par les Libous (une tribu libyenne) alliés aux puissants « Peuples de la mer ». Ces derniers étaient en fait un ensemble de populations venu du Nord de la Méditerranée et dont le désir de migration et de conquête ne connaissait que peu de limites ! C’est ainsi que de nombreux pays ne purent contenir leur progression. On leur attribue entre autres la chute du royaume Hittite ou de la grande cité d’Asie mineure, Ougarit. Dans le cas de l’Egypte, les conquérants entrèrent probablement dans le pays par le Sud Ouest et évoluèrent jusqu’à la vallée du Nil. Aucun envahisseur n’était parvenu jusque là depuis des dizaines d’années ! Heureusement pour Mérenptah, ses armées parvinrent à contenir l’invasion. Mais après environ un an de combat ! Il ne manquera d’ailleurs pas de relater largement sa victoire sur la pierre (à l’image de son père pour la bataille de Qadesh).

Buste fragmenté de Mérenptah

La fameuse stèle de Mérenptah, Musée du Caire, Egypte

Sur cette stèle, le pharaon décrivit ses batailles victorieuses contre les Libyens, alliés aux peuples de la mer, ainsi que l’écrasement de la révolte des peuplades du Levant (les cananéens entre autres). Elle sera d’ailleurs largement diffusée dans toute l’Egypte, vantant les mérites guerriers du pharaon. Tel père, tel fils !

La pierre peut être divisée en deux parties. La portion supérieure est une illustration mettant en scène les dieux Amon-Râ, Mout et Khonsou en train de remettre le sabre « kopesh » au pharaon Mérenptah, en signe de victoire. La partie inférieure, quant à elle, présente un grand texte chantant les louanges du souverain. On y trouve également un récit glorifiant la victoire et listant le nom des nations ou tribus vaincues. C’est là que réside tout l’intérêt historique de cette stèle ! Il s’agit de la toute première référence écrite et du seul texte égyptien mentionnant le nom « d’Israël ». D’autre part, ce nom fait référence, non pas à un pays, mais à une tribu, considérée comme ennemie par les égyptiens. On retrouve ainsi sur la stèle la phrase suivante : « Israël est détruite, sa semence n’est plus ». Ceci a été le point de départ de la théorie qui consisterait à penser que Mérenptah serait le fameux pharaon de l’Exode des Hébreux. Cette dernière n’est pas admise par tous les historiens mais semble toutefois très plausible.

Soucieux de laisser des traces de son règne aux générations futures, Mérenptah entreprit des grandes constructions à travers le royaume ; dans une moindre proportion que son père cependant. Dans les premiers temps de son arrivée au pouvoir, étant déjà âgé, il commença à se faire bâtir un temple funéraire dans la Vallée des Rois. Pour sa construction, il réemploya d’ailleurs beaucoup de matériaux du temple d’Amenhotep III, situé juste à côté. Il n’en reste malheureusement plus grand-chose de nos jours. Mérenptah se lança également dans de grandes constructions à Memphis. On y retrouva des ruines d’un palais dédié au pharaon. Il poursuivit de même la décoration du grand temple de Ptah, débutée par son père, Ramsès II. Les titulatures des deux rois se succèdent sur les vestiges du site. A Héliopolis, il fit bâtir une cour avec des nombreux obélisques dont les restes sont actuellement exposés en plein air dans les jardins du musée du Caire.

Fragment d’obélisque

Fragment d’un des obélisques débuté par Ramsès II et achevé par Mérenptah. Exposé actuellement dans les jardins du musée du Caire, les cartouches des deux rois sont présents

La capitale dynastique, Pi-Ramsès, fut à son tour embellie, ainsi que le temple de Karnak où le pharaon fit figurer sa grande victoire de l’an 5 sur l’un des pylônes. Sur la fin de son règne, autour de l’an 9 ou 10, Mérenptah se réattribua un grand nombre d’œuvres de ses ancêtres, notamment Amenhotep III. Il désirait certainement ajouter d’autres noms illustres à sa légende.

Colosse

Colosse d’Amenhotep III du temple de Louxor usurpé par Mérenptah, Metropolitan Museum of Art, New-York

Mérenptah était marié à la Grande Epouse Royale Isis Nofret II. De cette union naquit le successeur du pharaon : Séthi II. Lorsque Mérenptah mourut, le royaume d’Egypte plongea dans une importante crise dynastique. Ramsès II ayant eu beaucoup d’enfants, sa descendance réclama peu à peu le trône. C’est la raison pour laquelle on assista à des contestations de la légitimité de la prise du pouvoir par l’héritier direct, Séthi II. Ainsi, un fils de père inconnu et d’une des filles de Ramsès II, Amenmès, vint lui voler le trône peu de temps après son couronnement. Celui-ci sera par la suite considéré comme un pharaon usurpateur. Le règne de Séthi II, fils de Mérenptah, ne commença donc que quelques années plus tard, après celui assez court d’Amenmès.

Tombe :

Mérenptah a été retrouvé dans la tombe numéro 8 de la Vallée des Rois.

Sarcophage de Mérenptah

Sarcophage de Mérenptah, tombe KV 08

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