Amenmès

Publié le dimanche 23 mars 2008 par Benjamin Recommander l'article à un(e) ami(e) Version imprimable Version PDF (0) Lire / Ecrire un commentaire :

Nouvel Empire, XIXème dynastie. Il régna de - 1203 à - 1200 avant J.-C.

Titulature :

Nom de couronnement : « Men-mi-rê Setep-en-rê » ; Celui qui demeure comme Rê, l’élu de Rê

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N5
Y5
W19M17N5
U21
N35
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Nom de naissance : « Amenmesisou Heqa-ouaset » ; Celui qui est né d’Amon, le régent de Thèbes

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C12F31S29S29S38X7R19
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Parents :

Il serait le fils d’un père inconnu et d’une des innombrables filles de Ramsès II, Takhâyt, totalement étrangère de la scène royale auparavant.

Successeur :

Séthi II (ou Sethy II)

Biographie :

Du fait du très long règne de Ramsès II et de ses nombreux enfants, un conflit de succession apparaissait comme inévitable, plongeant la XIXème dynastie dans une crise grave dont elle ne se remettra pas. Son fils, Mérenptah, bien qu’effectuant une succession sans soucis, n’était en fait que le treizième sur la liste des princes héritiers ; les précédents ne survécurent bien entendu pas à leur père. A la génération suivante, les nombreux fils des enfants de Ramsès II réclamèrent alors leur dû. Ce fut le cas de l’un d’eux, Amenmès, qui parvînt à accéder au trône.

A la mort de Mérenptah, l’héritier légitime du trône était Séthi II, son fils. Cependant, c’est une fois ce dernier sur le trône qu’Amenmès vînt lui contester le pouvoir. Le tout récent pharaon fut donc apparemment évincé de sa destinée royale à peine quelques mois après son avènement. Par exemple, les travaux de la tombe de Séthi II, tout juste débutés, furent arrêtés nets dès l’arrivée d’Amenmès sur le trône d’Egypte. Toutefois, ce dernier n’était sans doute pas non plus le parfait inconnu et devait tout de même occuper une place relativement importante au sein du royaume (peut-être vizir de Haute-Egypte ?). En effet, il apparaît probable qu’il possédait le contrôle de la Haute-Egypte et de la Nubie, reléguant l’influence de Séthi II à la capitale dynastique Pi-Ramsès et à une partie de la Basse-Egypte. Reniant l’autorité de l’héritier légitime, Amenmès se fit couronner à Karnak et commença à exercer son pouvoir. Les deux « régimes » s’affrontèrent, divisant ainsi l’Egypte en deux. C’est ainsi que, pendant un temps, Amenmès prit le contrôle de la majorité du pays.

Fragment d’une stèle

Visage d’Amenmès retrouvé à Karnak, Metropolitan Museum of Art, New York, Etats-Unis

Son règne dura entre trois et cinq ans. Du fait de sa prise de pouvoir très douteuse et controversée, il fut considéré par les générations futures comme un usurpateur. Il s’employa d’ailleurs à s’attribuer de nombreuses constructions de ses prédécesseurs en remplaçant leurs cartouches par les siens. Lorsque Séthi II parvînt à reprendre le pouvoir, il s’empressa de faire exactement la même chose avec les noms d’Amenmès, effaçant ainsi l’usurpateur de la mémoire de l’Egypte. C’est la raison pour laquelle on ne connaît que peu de choses de son règne. Certains pensent (Grimal) qu’il se maria avec la reine Tiâa, une des grandes épouses royales de Séthi II, et qu’il eut un fils avec elle, le futur Siptah. Ceci ne serait qu’une hypothèse étant donné qu’il est plus communément admis que Siptah serait le fils de Séthi II. Nous savons donc que sa mère était Tiâa mais un doute subsiste sur l’identité de son père : Amenmès ou Séthi II ?

Amenmès n’a probablement jamais régné sur Pi-Ramsès, la capitale dynastique, étant donné qu’aucune mention de lui ne fut retrouvée là-bas. Séthi II parvînt donc probablement à conserver cette partie de l’Egypte pour, au final, reprendre tout le pays à son rival après quelques années de lutte.

En conclusion, même si nous ne disposons que de peu de sources, le règne d’Amenmès n’a dû apporter à l’Egypte que la division et le chaos dans une dynastie qui avait fait la grandeur du pays. L’Histoire ne retiendra d’ailleurs de lui que le terme « usurpateur ».

Tombe :

Sa tombe fut retrouvée dans la Vallée des Rois (KV 10). Elle présente un caractère inachevé et a volontairement été dégradée. Notamment par l’action de ses successeurs, désireux de faire oublier ce moment d’égarement de l’Egypte.

Taggé avec : Amenmès, pharaon usurpateur, XIXème dynastie, Siptah, Séthi II