Jour 4 : Mardi 23 avril 2002

Un article du site www.egyptos.net

Ce matin-là, « grasse matinée »… Le réveil était à 8h00 ! Nous étions arrivés au quai après d’autres bateaux. Par conséquent, il fallut traverser quatre ou cinq bateaux afin d’arriver au quai. Nous devions partir en calèche pour aller visiter le grand temple d’Horus, le dieu faucon, à Edfou. La veille, les guides nous avaient dis que le « bakchich » pour les cochers étaient déjà payés mais que si nous voulions donner quelque chose, c’était 5 livres maximum par calèche – nous étions quatre personnes dans une calèche.

J’y avais pris place avec Jérémie et le couple que j’avais suivi dans la Vallée des Rois. A peine assis, le cocher me pris en photo à sa place, avec mon appareil-photo, sans avoir rien demandé ! Il fit de même pour les deux autres personnes. Puis nous partîmes et il ne cessa de nous « harceler » pour avoir quelque chose : nous dûmes débourser 5 livres chacun… cela commençait mal.

Edfou ! Le deuxième plus grand temple d’Egypte après Karnak mais certainement le mieux conservé. Son pylône de trente-six mètres de haut – contre quarante-deux pour Karnak – était très impressionnant. De plus, les sculptures demeuraient encore presque intactes mais sans les couleurs. C’est un des temples de l’époque Ptolémaïque. On le remarque par les formes des colonnes : les chapiteaux sont composées de plusieurs éléments (papyrus, lotus…) au lieu d’un seul. Une magnifique statue de faucon en granit noire gardait l’entrée de la salle hypostyle. Pendant que Maha nous expliquait la signification des différentes fresques qui ornent cette salle, je regardai autour de moi : de sublimes colonnes, de très beaux bas-reliefs, une atmosphère chargée d’histoire. Comment ne pas être envoûté ? Elle nous expliqua aussi que chaque temple dédié à un dieu – exceptés les temples funéraires – était constitué de la même manière et des mêmes éléments : un pylône, une cour à ciel ouvert, une salle hypostyle, un vestibule et un sanctuaire, ou naos, lieu où était entreposé la statue du dieu. Il y avait toujours au moins un exemplaire de chaque élément mais il pouvait très bien y avoir deux cours, trois salles hypostyles, etc… mais un seul sanctuaire, bien sûr. De plus, l’enchaînement de ces différents éléments était dans un axe parfaitement rectiligne, à l’entrée du pylône on pouvait voir le fond du sanctuaire. Cela avait été conçu pour permettre au soleil d’entrer dans le temple et d’illuminer la divinité chaque matin, lorsque le prêtre ouvrait le naos.

Les colonnes étaient parfaitement conservées. Nous allâmes ensuite jusqu’au sanctuaire, puis nous sortîmes sur le côté. Nous arrivâmes dans une cour située entre le temple et son mur d’enceinte. Tout le long du mur, était représentée une frise mettant en scène la querelle de famille entre Horus et son oncle Seth.

Après la visite, nous revînmes au bateau après avoir redonné 5 livres au cocher. Nous traversâmes de nouveau les bateaux. Nous devions naviguer l’après-midi puis visiter le temple de Kôm Ombo en fin d’après midi. Il fallait aussi que je me trouve un chapeau pour la soirée déguisée. J’en trouverai sûrement un chez les marchands à côté du temple. Vers 17h30, nous arrivâmes en vue de Kôm Ombo. Nous vîmes d’abord le haut du pylône et de quelques colonnes, puis le temple entier émerger de la végétation. Il semblait sortir de nul part.

Ce temple ptolémaïque a la particularité d’être double. C’est à dire qu’il est dédié à deux divinités : Sobek, le crocodile, et Haroëris, le faucon – celui-ci est considéré comme une autre forme du dieu Horus. Il y a donc deux axes parallèles qui conduisent à deux sanctuaires distincts.

Quand la nuit tomba, des lampes éclairèrent le temple : c’était une ambiance très agréable. Cela lui donnait encore plus de charme qu’il n’en avait dans la journée : certaines parties semblaient renaître sous l’effet de la lumière. Ce temple possède toujours de très belles colonnes presque intactes. A l’inverse, certaines parties sont complètement détruites. A côté, il y avait un nilomètre. Ce grand puits, couvert de graduations, servait à prévoir la crue du Nil. A l’entrée du temple, il y avait une petite chapelle contenant trois crocodiles momifiés.

J’en profite pour expliquer certaines choses concernant le culte des animaux. Lorsqu’on dit que tel ou tel animal était sacré en Egypte, il faut différencier deux sortes d’animaux sacrés : ceux associés aux dieux locaux, et ceux, véritables animaux sacrés, qui sont le réceptacle de l'âme d'un dieu. Les premiers étaient vénérés dans un nome (ou province) précis. Mais ils pouvaient être chassés, tués, mangés dans un autre… Tel est le cas pour les crocodiles, les hippopotames, etc. Dans chaque temple, les prêtres désignent un animal donné en fonction de ses caractéristiques physiques : le taureau Apis, vénéré à Memphis, devait avoir un tache blanche en forme de triangle sur le front, une autre de la même couleur sur le flanc, et les poils de sa queue devaient être blancs et noirs. A sa mort, il est embaumé et enterré, lors d’une cérémonie semblable à celle qui se déroule lors des funérailles d’un humain. Et à ce moment, les prêtres parcourent le pays à la recherche de son successeur. Et c’est ainsi que se déroule le culte de ces animaux, cela explique le fait qu’on puisse trouver des sépultures contenant des centaines, voire des milliers d’animaux momifiés.

En sortant du temple, je vis qu’il y avait plein d’étals de marchands. Je me préparai mentalement à marchander – il faut se préparer une technique, des ruses, des arguments, il vous faut toute une stratégie si vous ne voulez pas vous faire avoir ! Je vis un marchand qui vendait ce que je cherchais. Je vous passe la discussion mais je repartis avec une chéchia – c’est le chapeau de forme cylindrique que portent les Arabes – à 10 livres au lieu de 80. J’y avais gagné car celles vendues sur le bateau étaient à 12 livres.

En revenant, je mis ma djellaba et ma chéchia pour aller dîner. A la fin du repas, je regagnai le pont pour admirer le Nil. Il devait faire 25°C environ. Je discutai un moment avec une fille avec qui j’avais sympathisé en marchandant la veille. Elle était jolie et on s’entendait bien. Nous discutâmes un bon moment puis on vint nous prévenir qu’il y avait une photo de groupe. Jérémie n’était pas là, il était certainement parti se coucher. Après la photo, je retournai quelques instants sur le pont et je partis dormir.

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Auteur : Benjamin Wiacek
Mise en ligne le : mardi 06 décembre
Dernière mise à jour le : mardi 06 décembre
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