Jour 8 : Samedi 27 avril 2002

Publié le mardi 06 décembre 2005 par Benjamin Wiacek Recommander l'article à un(e) ami(e) Version imprimable Version PDF (3) Lire / Ecrire un commentaire :

Réveil 8h00. La première fois que j’avais aperçu le temple de Louxor, un sentiment de désillusion, non, de désolation et de peine, m’avait envahi. J’avais vu ce temple si grand, célèbre et si grandiose, en ruines. C’est comme si le rêve s’était brisé. Mais ce bref sentiment fut vite oublié quand je pénétrai dans le temple. Le rêve était faible par rapport à la réalité. Le pylône était précédé de deux colosses de Ramsès II en granit rose et d’un obélisque, son double se trouvant sur la place de la Concorde à Paris.

Après les travaux de Champollion visant à préserver les monuments égyptiens, le pacha Méhémet Ali décida d’offrir, en 1831, un cadeau à la France : les deux obélisques du temple de Louxor. Champollion fut envoyé pour choisir lequel serait envoyé en premier dans l’hexagone. Il choisit le plus petit des deux monuments (vingt-deux mètres contre vingt-cinq pour le second) mais le mieux conservé. Il fut élevé en 1836 par les soins de l’ingénieur Lebas. La France renonça à transporter le second à cause des difficultés occasionnées par le voyage du premier l’obélisque, qui a tout de même un poids de plus de deux cent trente tonnes… Il restera en possession de la France, jusqu’à ce que le président François Mitterrand y renonce officiellement en 1981 !

Ce temple fut réalisé, en majeure partie, par deux pharaons : Amenhotep III et Ramsès II. Quand on pénètre dans la première cour, une grosse surprise nous attend : on voit à dix-quinze mètres du sol… l’entrée d’une mosquée ! La vérité est que lors de la construction de celle-ci, le temple était enseveli sous le sable, et l’entrée montre la hauteur du sol de l’époque. Depuis le désensablement du temple, la mosquée est l’objet d’une polémique : certains souhaitent sa démolition pour rendre au temple son aspect d’origine, d’autres estiment que c’est un monument sacré et préfèrent laisser cette disposition.

Au fond dans la cour, se trouve un magnifique colosse en granit noir de Ramsès II. On avance ensuite dans la colonnade d’Amenhotep III qui nous amène dans la grande cour carrée de ce pharaon. Avant d’arriver dans le lieu du temple où le dieu venait se ressourcer, un édifice nous coupe la route ! Une chapelle ! « Sacrilège » ! C’était une chapelle créée par les romains pour le culte de l’empereur. Elle coupait l’axe du temple. De plus, les fresques de festins et de fêtes romaines recouvraient les scènes égyptiennes. Heureusement, elles commençaient à partir, révélant le mur d’origine.

Après avoir terminé de visiter le temple, je fis mes dernières photos dans la grande cour avec Jérémie et Mélanie, puis dans l’alignement du dromos et du pylône.

En rentrant au car, je vis des vendeurs de statuettes. C’étaient des divinités en résine. Elles ressemblaient à celles que j’avais chez moi mais de moins bonne facture. Mais elles étaient beaucoup moins chères. Je n’avais pas envie de mettre un prix énorme, je pris donc les 10 livres qu’il me restait et partis à la recherche d’une statuette qui me plaisait. Soit le vendeur acceptait les 10 livres, soit je rentrais sans rien. J’en vis une qui représentait Anubis, le dieu des morts et de l’embaumement. Je demandai au vendeur :

- Combien pour la statuette ?
- 10 €.
- En livres.
- 10 €.
- Non. En livres, je n’ai pas d’euros.
- 80.
- Tu te fous de moi. C’est du plastique. 1 livre.

J’avais dit la chose qu’il ne fallait pas. Le vendeur s’énerva et hurla de colère mais ne lâcha pas la négociation.

- Non, 70.
- 3. C’est mon dernier prix.
- 70.
- 5.
- D’accord, d’accord. J’ai compris. 60 livres.
- Non. 5 livres.

Il s’énerva de plus belle. Je partis donc, laissant tomber l’affaire. Il me rejoignit

- 40 livres.
- 6.

La négociation dura encore quinze minutes mais je réussis à avoir ma statuette pour 10 livres. Le vendeur repartit très énervé… Puis, nous rentrâmes sur le bateau pour le dernier repas. Nous n’avions plus nos cabines donc j’allai passer le temps qu’il me restait sur le pont avec Jérémie et Mélanie, elle me montra le film qu’elle avait fait avec son caméscope.

Puis nous prîmes le chemin de l’aéroport… c’était la fin ! Après les formalités habituelles, nous restâmes dans la salle d’embarquement pendant un bon moment, mais contrairement à Roissy, il n’y avait aucune information : les écrans affichaient des pubs, le personnel ne savait rien et les annonces au micro étaient inaudibles… Il ne nous restait plus qu’à regarder attentivement le moindre rassemblement de personnes pour éviter de rater notre avion. L’avion arriva à l’heure prévue et nous partîmes. « Non. Je ne resterai pas plus longtemps, à mon grand regret… mais bon ! »

En montant dans l’avion, il faisait plus de 35°C. Après cinq heures de vol, on était en France. Je sortis… 12°C ! Aïe ! « Je veux repartir. » Ma mère était venue nous chercher. J’étais content de la revoir.

Après ce voyage merveilleux, grandiose, envoûtant, fascinant, je me promis de retourner le plus vite possible en Egypte. J’avais tellement aimé voir de mes yeux tous les monuments qui agrémentaient mes rêves, je n’avais pas été déçu… et je ne pense pas l’être un jour !

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