Jour 6 : Jeudi 25 avril 2002

Publié le mardi 06 décembre 2005 par Benjamin Wiacek Recommander l'article à un(e) ami(e) Version imprimable Version PDF (0) Lire / Ecrire un commentaire :

Nous partîmes en direction du magnifique temple d’Abou Simbel. On avait emmené des oreillers pour pouvoir dormir un peu dans le car. Il y avait trois heures trente de traversée dans un désert aride et rocailleux.

L’histoire de ce temple est fabuleuse : il fut construit sous le règne du grand pharaon Ramsès II, il y a un peu plus de 3200 ans. Je dis le temple mais il y a en réalité deux temples, celui de Ramsès et celui de son épouse, Néfertari, « La plus belle. »

Ces deux temples creusés directement dans la montagne furent mis en danger lors de la construction du haut-barrage d’Assouan, ils allaient être engloutis par les eaux du lac Nasser. Sur l’impulsion d’une égyptologue française, Mme Christiane Desroches Noblecourt et du ministre français de la Culture de l’époque, M. André Malraux, l’UNESCO engagea la communauté internationale à organiser le sauvetage des temples de Nubie dont Abou Simbel, Philae, et 22 autres temples.
Un travail de titan fut alors entrepris : on découpa les temples et on les sortit de la montagne, puis on les divisa en mille trente-six blocs de plusieurs dizaines de tonnes environ et on transporta ces blocs sur un plateau quelques mètres plus haut pour échapper à la montée des eaux. Seul un détail clochait : l’endroit où avaient été déposés les blocs était une plaine…sans montagne ! Où allions-nous mettre les temples ? Il fut démontré que si on construisait une montagne en calcaire, le poids des pierres écraserait totalement les temples, affaiblis par le découpage. On construisit donc une voûte en béton dans laquelle on encastra les deux temples, puis on la recouvrit de pierraille et de sable pour donner l’impression d’une vraie montagne.
Tout cela fut effectué en un temps record : les travaux commencèrent en 1962, les blocs furent déposés en hauteur en 1965 juste avant que les eaux envahissent les cavités des deux anciens temples. Le gros des travaux se termina en 1968 mais les finitions durèrent jusqu’en 1972. Grâce à tous ces efforts, le site ainsi reconstitué donne une image assez fidèle de ce qu’il était à l’époque.

C’est fou le monde qu’il y a sur ce site, nous attendîmes au moins une demi-heure pour avoir les billets. Puis nous prîmes un petit sentier qui nous conduisit devant les deux temples. J’étais avec Jérémie et sa famille. Ma grand-mère n’avait pas voulu venir en raison de la trop grosse chaleur qu’il faisait, c’est à dire plus de 50°C !

Nous visitâmes d’abord le temple de la reine : son entrée est entourée de plusieurs statues de dix mètres de hauteur. A l’intérieur, il y a de superbes fresques entièrement colorées. Il faisait très lourd à l’intérieur du temple à cause du monde qu’il y avait. J’aurais voulu prendre des photos mais je ne savais plus comment faire pour enlever le flash de mon appareil, et il était interdit de l’utiliser pour ne pas endommager les peintures. Je me résignai…

Le temple de Ramsès est énorme : les 4 colosses qui ornent la façade mesurent plus de vingt mètres de haut. Ils représentent le pharaon aux différentes étapes de sa vie : la jeunesse, la sagesse, la vieillesse et la mort. Cela ne se remarque pas sur une photo mais l’expression du visage change, le premier, muscles en valeurs, sourit, tandis que le dernier est ridé et n’a presque pas d’expression. La tête du second est tombée à ses pieds. L’intérieur est fabuleux : à gauche, le mur est orné d’une magnifique peinture représentant Ramsès sur son char lors la bataille de Qadesh contre les Hittites, et à droite se trouve une scène avec le pharaon en offrandes devant plusieurs divinités. Le vestibule mène au sanctuaire : là, se trouvent les statues de Ptah, d’Amon, de Ramsès et de Rê. S’il y a une chose que l’on peut dire sur la personnalité de Ramsès, c’est qu’il était un peu orgueilleux… Cela se remarque sur la façade de son temple, avec ses colosses de vingt mètres, mais aussi sur celui de sa femme : sur les six colosses en façade, quatre représentent le souverain !

Avant le déplacement des temples, le 21 février et le 21 octobre, dates de naissance et de couronnement de Ramsès, le soleil pénétrait dans le temple jusqu’au sanctuaire pour illuminer les statues d’Amon, de Rê et du pharaon. Ptah n’était pas éclairé car il était considéré par certains comme le dieu des ténèbres. Depuis le déplacement, l’éclairement ne se produit plus comme avant… mais le 22 février et le 22 octobre au lieu du 21 ! On a réussi à restituer l’orientation exacte du temple pour préserver ce phénomène extraordinaire.

En sortant, je fis de nombreuses photos avec Jérémie et sa sœur, des temples, des colosses et du lac. Puis nous repartîmes. Dans le car, nous vîmes à un moment, un mirage. On voyait le lac Nasser… dans le désert ! Je le pris en photo, espérant que cela rendrait bien. En voyant mes photos, je vis que le résultat était plutôt convenable.

Nous avions l’après-midi de libre car maintenant nous descendions le Nil afin de visiter les temples de Karnak et de Louxor.
J’avais réussi à vendre plusieurs de mes bracelets, il m’en restait quatre et il y avait toujours la dame qui voulait m’en acheter un mais je ne l’avais pas revu depuis. Pour l’instant j’avais gagné 2.5 euros, il faut dire aussi que j’en ai perdu deux…
Je passai l’après-midi à bronzer et à récupérer ma courte nuit. Vers 18h00, tandis que le soleil se couchait sur le Nil, je fis quelques photos dont une avec une felouque et le soleil couchant sur le fleuve.
Je revis la dame qui voulait m’acheter un bracelet, elle m’en donna 2 euros ! Mon chiffre d’affaires s’élevait à 4.5 euros pour des babioles qui ne m’avaient rien coûté !

Qu’est-ce que j’aimais ce climat chaud et sec ! Je me sentais parfaitement à l’aise et reposé même si les journées n’étaient pas de tout repos… Je discutai beaucoup avec Jérémie, nous parlions du voyage, des visites, du paysage mais aussi de tout et de rien. Nous devions aller dîner. Ensuite il y avait une soirée dansante. Je n’aime pas trop danser mais je fis un effort car j’avais envie de m’amuser. C’était une soirée disco… N’étant pas habitués à la culture locale, la musique n’était pas vraiment celle que nous attendions… Mais Mélanie ramena un de ses CD et nous pûmes danser un peu. Puis nous nous couchâmes.

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