Jour 1 : Samedi 20 avril 2002

Un article du site www.egyptos.net

Il était 6h30. Le temps était humide et gris. Le jour n’était pas encore levé. A cette heure-ci, il n’y avait pas encore beaucoup de circulation sur l’autoroute. Un panneau indiquait la sortie pour l’aéroport. J’allai prendre l’avion pour partir une semaine en Egypte. L’Egypte… Depuis le temps que je rêvais d’y aller…

Cela faisait de nombreuses années que je m’étais découvert une passion pour l’Egypte ancienne. Tout avait commencé lorsque j’étais en CM1, on m’avait offert pour mon anniversaire un livre qui s’intitulait « Contes et Légendes de L’Egypte Ancienne. » Il resta au fond d’un placard environ un an. Je le vis un jour et me dis qu’il fallait que je le lise au moins une fois… Je le dévorai en quelques jours ! Il racontait de nombreux contes qui figuraient parmi les classiques de la littérature de l’Ancienne Egypte. Ils mettaient en scène les dieux entre eux ou avec les hommes, des magiciens, des guerres, des complots, des histoires d’amour… C’était passionnant ! Je regardai aussi de nombreux films qui parlaient de L’Egypte. J’achetai des romans qui avaient pour sujet les malédictions de pharaons, les découvertes des archéologues… J’étudiai L’Egypte en 6e, ce qui agrandit plus encore ma passion. Il y a environ deux ans, j’ai commencé une collection de fiches sur l’Egypte : elles ont pour sujet l’histoire du pays, de la Préhistoire à nos jours, les dieux, les us et coutumes, l’art, le cinéma, la BD, l’architecture, l’écriture, la géographie… C’est vraiment très complet. J’accumule depuis tous les livres et toutes les collections possibles de posters, de papyrus, de reproductions de statues qui touchent à L’Egypte.

Pour ses 70 ans, ses enfants et ses amis offrirent à ma grand-mère un voyage en Egypte. Alors forcément lorsqu’elle m’a proposé de l’accompagner, j’ai sauté de joie. Elle était déjà allée en Egypte mais elle souhaitait y retourner pour pouvoir refaire certaines visites mais surtout pour revoir le Musée du Caire.

Notre voyage était prévu pour le mois de février mais l’actualité internationale en avait décidé autrement . Les vacances de Pâques approchaient lorsque les tensions au Proche-orient ont recommencé à faire parler d’elles ; j’ai alors cru que le voyage serait une fois de plus repoussé (Attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, guerre en Afghanistan…).

Mais nous étions bien le samedi 20 avril dans le hall de l’aéroport de Roissy pour partir. Nous attendions pour avoir nos cartes d’embarquement. Le décollage était prévu pour 9h00 mais nous devions embarquer à 8h15. Nous passâmes les formalités d’usage : douanes, contrôle des papiers… Il était 8h20 quand une annonce, pour un vol, retentit : ce n’était pas le nôtre. Une heure plus tard, toujours rien. J’allai voir une hôtesse qui me répondit que le vol avait trois heures de retard ! Le sort s’acharnait vraiment sur moi ! Cela faisait six ans que je rêvais de partir et c’est ce qui était en train de m’arriver. Mais je devais encore attendre, si près du but ! Nous prîmes donc notre mal en patience et vers 12h00, les cars qui devaient nous conduire sur la piste arrivèrent. A 12h30, nous décollâmes. « Dans quelques heures, j’arriverai sur l’antique terre des pharaons. » Une interminable attente de cinq heures me séparait de l’arrivée.

Nous survolâmes le canal de Suez puis la Mer Rouge. Puis nous vîmes la vallée du Nil : du ciel, on devinait le fleuve et les cultures, puis brusquement, la frontière entre la zone alimentée par les eaux et le désert. Ce fut très impressionnant.

Quand nous atterrîmes, mon cœur se mit à battre la chamade. La porte s’ouvrit. En la passant, je fus émerveillé. Pour moi, ce fût l’accomplissement d’un rêve. D’autres personnes que moi auraient trouvé le paysage aride, sec, désertique… Le ciel était d’un bleu azur et l’on voyait les montagnes où se trouvait la Vallée des Rois. Il faisait très chaud (environ 35°C) mais cela ne me gênait guère.

D’autres formalités, puis notre car et notre guide trouvés, nous partîmes rejoindre le bateau sur lequel nous allions faire une croisière pendant une semaine.

Je regardai par la fenêtre : des cabanes de roseaux ou de briques séchées, des enfants jouant pieds nus, des tas d’ordures dans tous les coins… On avait du mal à deviner que l’on se trouvait dans la ville même de l’antique temple de Louxor. Mon regard fut attiré, au loin, par des statues : c’était l’ancien Dromos, l’allée des sphinx reliant le temple de Karnak à celui de Louxor ; de nos jours, les sphinx sont en très mauvais état, des maisons occupent le tracé de l’allée, cela me désola. J’appris plus tard que les égyptologues discutaient avec les locataires de ces maisons pour leur faire changer de domiciles afin de pouvoir continuer les fouilles qui visaient à remettre au jour les sphinx de l’allée.

Nous rentrâmes dans le centre-ville. De multiples boutiques qui vendaient des souvenirs, des calèches qui proposaient une balade pour un prix exorbitant, des marchands qui étaient en train de discuter le prix d’une statuette, ainsi était la ville de Louxor aujourd’hui. Je vis aussi pour la première fois Le Nil, fleuve sacré des anciens égyptiens. Lors de son voyage en Egypte, le philosophe grec, Hérodote, dit un jour : « L’Egypte est un don du Nil », il avait entièrement raison. Ce très grand fleuve était à la base de la civilisation égyptienne. Sans sa crue bienfaisante, la civilisation égyptienne n’aurait pas été ce qu’elle fut.

Arrivés au bateau, on nous invita à boire une boisson désaltérante avant de prendre possession de nos cabines. Plus tard, avant le dîner, les guides firent trois groupes en fonction des numéros de cabines. Ne connaissant personne, je ne pouvais savoir si les groupes me satisferaient ou non. 19h30. C’était l’heure d’aller dîner. Nous rentrâmes les premiers dans le restaurant. On nous présenta une table. Grâce à sa grande expérience des voyages, ma grand-mère s’assit près de la fenêtre, côté Nil, en sachant très bien que nous pourrions profiter du paysage.

Après le dîner, j’allais flâner sur le pont. Il faisait bon (environ 25°) et il n’y avait presque personne. Regarder le ciel étoilé et le Nil, allongé sur une chaise longue, était tellement agréable... Ce ciel clair, sans nuages. Etait-ce le même qu'il y a 4000 ans ? Ces étoiles qui scintillaient par milliers étaient-elles déjà là à l'époque pharaonique ? Penser qu'il y a si longtemps, des hommes ont pu rêver comme moi devant ce spectacle me fit tourner la tête. Mais je ne pus rester aussi longtemps que je l'aurais voulu, car on se levait le lendemain à 3h45, et il fallait que je dorme un peu.

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Auteur : Benjamin Wiacek
Mise en ligne le : mardi 06 décembre
Dernière mise à jour le : mardi 06 décembre
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