Rêveries au Fil du Nil

Publié le dimanche 02 juillet 2006 (mis à jour le dimanche 18 mai 2008) par Laurence Rodriguez Recommander l'article à un(e) ami(e) Version imprimable Version PDF (1) Lire / Ecrire un commentaire :

Lundi

Confortablement installée à la terrasse du Flore, boulevard Saint Germain où je parcoure mon livre tout en dégustant un chocolat chaud. La couverture de mon livre étale son titre en grosses lettres noires « Meurtre en Mésopotamie » . Ce roman n’est autre qu’un bon Agatha Christie. C’est en découvrant cette romancière anglaise que je fus totalement éprise de civilisation égyptienne. A mon tour, j’allais suivre les traces de son héros aux moustaches légendaires Hercule Poirot , à travers les lieux de la Haute et Basse Egypte et voyagée sur le Nil.

Mardi, au Caire

Enfin nous nous posons à l’Aéroport du Caire. C'est le début du rêve.

En traversant « Al-Qahira » « Le Caire », je suis à la fois effrayée et envoûtée par cette ville tentaculaire où la vie est partout de jours comme de nuits. On ne peut imaginer Le Caire sans ses concerts d’avertisseurs et d’autoradios ainsi que ses gigantesques embouteillages et le chant des muezzins qui rythme les journées appelant à la prière. Il est bon de s’éloigner du Caire et d’y fumer la « Chicha » à la terrasse d’un café ou bien de partir à l’Ascension des pyramides sur le plateau de Gizeh.

A 10 h 30 à Gizeh

Nous voilà parties en autocar climatisé à Gizeh pour y découvrir ces somptueuses pyramides. A l’heure où j’écris ce carnet de voyage, la police est dans tous les sites touristiques à cause des risques d’attentat. Il faut se plier à leurs exigences. Moi qui aime être libre.

Quand on est au Caire, il est facile d’apercevoir les Pyramides, même de très loin. Elles ont été construites sur le plateau de Gizeh qui surplombe la vallée du Nil et sa Capitale. Je sens monter en moi une certaine émotion. J’ai hâte d’y arriver. L’Egypte compte plus d’une centaine de pyramides découvertes. Elles attirent un nombre incalculable de touristes, de savants, d’égyptologues. Les pyramides les plus célèbres s’appellent « Kheops, Khephren, Mykérinos « . C’est impressionnant de constater que ces pyramides renferment les tombeaux funéraires de ces souverains.. Le spectacle sur place est tout à fait saisissant et grandiose et nous restons bouche bée d’admiration et de contemplation. Que c’est beau !!!. Plus loin, à côté de la pyramide de Khephren, tout à coup le sphinx est là !! Impassible comme s’il nous attendait pour nous poser ses questions. Qui êtes-vous ? Qui suis je ? Il est vraiment énigmatique avec sa tête humaine et ses pattes de lion.

Ce soir, nous avons du mal à quitter ce fabuleux paysage mais demain, nous visiterons le bateau « Sudan ». Le bar de ce bateau inspira Agatha Christie qui en fit son décor pour son roman « Mort sur le Nil » Ce soir nous allons passer notre nuit à l’hôtel Oasis Pyramids en dehors du Caire.

Mercredi sur le « Sudan »

Il est 10 heures, nous nous pressons sur le pont du « Sudan ». je pars à la découverte des ponts du bateau et j’image bien Hercule Poirot se promenant et examinant chaque recoin à la recherche d’indices. Cet ancien house boat à vapeur, construit en 1885 nous laisse entendre le chant plaintif de ses bois. Je suis fascinée par ce décor rococo, un peu année 20 où le cuivre et l’acajou se mêlent.

Après ce clin d’œil nostalgique, notre bateau nous semble très ordinaire, sans âme. Nous montons sur le « Spendid Nil » qui nous emmènera vers Louxor (Karnak), Edfou, Koum oumbo, Assouan et l’île d’Agilka et son temple (Philae)

Depuis des millénaires, comme un rythme immuable les felouques chargées de marchandises vont et viennent sur le Nil . A bord du « Spendid Nil », nous nous réveillons à 8 heures après avoir passer une nuit rythmée par le clapotis des eaux. Le soleil offre ses premiers rayons chauds. Il fait bon sur le pont. Dans une heure ou deux, le capitaine nous annoncera que nous serons à Louxor, première étape de notre croisière.

Jeudi à Louxor et Karnak

Le bateau accoste sur la rive droite du Nil où de multitudes de petits vendeurs à la sauvette accourent pour nous proposer leurs services et leurs souvenirs. « Madame t’y veut quelque chose » colliers, plateaux, chemises… !!! T’y veut un chameau ? Toute cette effervescence m’amuse. Nous voici, à Louxor, ville baptisée par Homère « La Thèbes aux cents portes ». Elle fut édifiée sur l’ancienne capitale antique appelée Thèbes il y a quatre millénaires. La ville est divisée en plusieurs zones dont le vaste sanctuaire dédié au dieu unique, Amon-ré. Elle fut restaurée par les pharaons du Nouvel Empire Aménophis, Thoutmosis, et Ramsès. En arrivant de Louxor, par l’allée des sphinx à tête de bélier qui symbolise le dieu Amon. Nous avons un alignement architectural remarquable d’une beauté rare. Au fond, on peut y voir une réplique de l’obélisque de la Place de la Concorde à Paris, haut de 23 mètres et pesant quelques 143 tonnes que fit édifier la Reine Hachepsout. L’endroit le plus saisissant de cette visite est la grande salle hypostyle composée d’une allée de 12 colonnes de 23 mètres et d’un ensemble de 134 colonnes. Elle fut aussi le décor d’une scène du film « Mort sur le Nil ». A chaque pas parmi ses colonnes, je crois voir ce bon Hercule Poirot avec son casque colonial et son chasse-mouches. Cette pensée me fait sourire.

De retour au bateau, où nous prenons une collation bien méritée sur le pont, seul endroit où la chaleur ne nous accable pas. Nous regagnions nos cabines afin de prendre un peu de repos. Ce soir, dans la salle à manger du bateau, le capitaine viendra nous parler de la prochaine étape qui est Edfou et nous offrira musiques et gâteries orientales sucrées (Kassboussa). Quel délice !!!!

Vendredi - Esna- Edfou

Ce matin, le passage de l’écluse d’Esna va nous prendre entre 2h et 4 heures, selon le trafic et la largeur du bateau. Seulement, un ou deux bateaux peuvent emprunter cette écluse. La direction du voyage nous propose une courte excursion dans la ville d’Esna, pour y voir les souks et son temple. Débarquée sur la rive ouest du Nil, nous commençons notre visite par les souks. C’est un bazar hétéroclite d’objets, de tissus et d’épices qui s’étalent sur deux rues. Puis nous allons au temple. Comme tous les temples de l’époque ptolémaïque, il y a une salle hypostyle. Son sanctuaire est dédié au dieu à tête de bélier Khnoum.

Après cette halte improvisée, nous regagnions le bateau qui repart sur Edfou. Nous arrivons sur les berges où des calèches noires et pimpantes nous attendent, pour aller au temple. Edfou est une ville située à 100 km d’Assouan au sud de Louxor. Elle fut l’ancienne capitale de la région que les Grecs appelaient Apollinopolis Magna dont il ne reste qu’un temple greco-romain très bien conservé et dédié au dieu faucon Horus.

Il est le plus grand temple après Karnak. On pénètre dans le temple en passant sous des pylônes. On est littéralement stupéfait de leurs immensités (36 mètres de hauteur chacun). Nous avons le souffle coupé. Deux faucons de granit noir gardent l’entrée du temple. Après avoir traversé la grande cour bordée sur trois côtés de colonnes qui donnent accès sur une première salle hypostyle. Cette salle est gardée à l’entrée par un immense faucon de granit coiffé de pschent. Sur les murs intérieurs et extérieurs, il y a des fresques de scènes d’offrandes dédiées à Horus de Beheded et à Hathor. En s’enfonçant au cœur du temple « le Naos », on découvre une succession de salles, de chapelles, de cours. Ce temple fut redécouvert par l’Egyptologue Auguste Mariette puis désensablé.

En route pour Assouan et la Nubie mais d’abord un tour au temple de Kom Ombo.

Samedi - Le temple de Kom Ombo

Ce matin le bateau suit les boucles majestueuses du fleuve roi, puis au détour d’une boucle, juché à une vingtaine de mètres, le temple de Kom Oumbo surgit La particularité de ce temple ptolémaïque est sa construction en double (portes, enceintes, salles, naos). Il a accueillit aussi deux divinités Sobeck à tête de crocodile et Haroéris à tête de faucon.

Assouan

Au petit matin, je suis réveillée par les cornes d’un navire, nous entrons dans le port d’Assouan et nous nous préparons à terminer cette croisière. Assouan est située sur la 1ère cataracte. Les eaux du Nil sont domestiquées par deux barrages édifiés l’un en 1902 et l’autre en 1971 avec sa retenue d’eau, le Lac Nasser. Il constitue une frontière entre deux mondes : l’un civilisé et l’autre mystérieux qui s’enfonce dans les profondeurs de l’Afrique sauvage et désertique (La Nubie). En son centre, l'île Eléphantine nom donné au lieu où l'on négociait de l’ivoire. Pendant l’antiquité, alors connue, sous le nom de Syène, sous les Grecs, c’était un carrefour commercial important où les Egyptiens achetaient ivoire, bois rares, parfums, encens aux nubiens. Le dieu à tête de bélier Khnoum était honoré dans les temples. Nous allons pour notre dernière visite voir le temple de Philae sur l’Ile d’Agilkia . Le temple est dédié au culte d’isis. Lors de la construction de la retenue d’eau du Lac Nasser, l’Ile de Philae fut engloutie par les eaux. Le temple de Philae du être démonté pierres à pierres et remonter sur l’Ile d’Agilkia. Nous prenons une petite barque pour nous rendre sur cette île et nous découvrons un magnifique temple entouré d’un îlot de verdure et des lauriers roses. Le temple a conservé son Naos. A l’extérieur un petit quadrilatère appelé Kiosque de Trajan accueillait la barque sacrée En fin de soirée, nous rejoignions l’hôtel Sofitel Old Cataract où un dîner sera donné pour notre départ vers Paris.. C’est un hôtel qui surplombe le Nil et fait face à la légendaire « Ile Eléphantine ». Du promontoire de l’hôtel, il y a une vue imprenable sur le ballet des felouques remontant le fleuve toutes voiles dehors.. Son architecture victorienne s’harmonise parfaitement avec la décoration intérieure inspirée du style oriental. L’ambiance est aux mystères. Nous arrivons dans la salle du restaurant « 1902 » où des chandelles brûlent. Des serveurs en smoking nous apportent les plats. Un homme habillé en Hercule Poirot nous parle d’Agathe Christie. Elle écrivit ses plus beaux romans policiers sur l’Egype et la Grèce dont « Mort sur le Nil » dans l’une des chambres de l’hôtel.

Dimanche Retour Paris

A 14 h nous repartons vers Paris avec une certaine nostalgie tellement l’Egypte est un pays attachant et passionnant pour son histoire. Dès le premier jour de notre arrivée mon appareil photo numérique est tombé en panne. C’est rageant n’est-ce pas ? . Je ne regrette pas d’avoir été en Egypte. J’ai gardé en moi de somptueuses images de souks colorées, monuments, de fresques. En discutant avec les Egyptiens, j’ai apprécié leurs sens innés de l’hospitalité, du commerce et ressentit une grande chaleur humaine.

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