L’écriture : apparition et premières formes

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Posté par nectanebo le jeudi 20 septembre 2007 - (#744)

Si on en croit les manuels d’histoire occidentaux, l’écriture serait née en Mésopotamie (sic).

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Pourquoi tient-on absolument en leucodermie, à faire naître l’écriture en Mésopotamie ? Et cela, même en dépit du bon sens ! Pourquoi les occidentaux veulent-ils à ce point, s’approprier une invention qui n’a point eu lieu sur leur sol et donc qui n’est pas le fruit de leur génie ? Cherchent-ils à masquer quelque chose ? A juguler un complexe ? Enigme !

Dans le cadre de l’historiographie eurocentriste, il existe une espèce de réflexe naturel qui consiste à faire de l’occident, le père géniteur de tous les savoirs anciens.

Peu importe que l’homme moderne soit né dans la région des Grands Lacs vers 200 000 avant l’ère chrétienne et qu’il ait été le seul à bénéficier d’une expérience humaine de plus de 100 000 ans par rapport aux autres peuples, il faut coûte que coûte affecter à l’Europe ou à l’Orient un train d’avance sur l’Afrique [1]. Chose particulière, les Européens grands adeptes de ce type de pratique, s’approprient depuis les XVIIIème siècle, l’immense majorité des innovations de l’antiquité voire de la préhistoire. L’écriture en est un exemple ultra-significatif.

1- La Mésopotamie berceau de l’écriture : mon oeil !

La thèse de l’invention de l’écriture en Mésopotamie par l’occident reste énigmatique voire fantasmagorique. Pour en savoir plus, j’ai donc feuilleté pour vous l’ouvrage de Jean Bottéro « Mésopotamie : l’écriture, la raison et les dieux [2] », pour analyser les fondements de cette thèse.

D’entrée de jeu, l’auteur lance : « Nos ancêtres, les Mésopotamiens, ont inventé l’écriture » (sic). Ainsi, après « nos ancêtres les Gaulois, nos ancêtres les Romains, nos ancêtres les Grecs, nos ancêtres les Egyptiens, nos ancêtres les Indiens, nos ancêtres les Indo-Européens », voilà « nos ancêtres les Mésopotamiens ».

Voyons maintenant le fond de la thèse. Pour aborder son chapitre intitulé « De l’aide mémoire à l’écriture » [3],Jean Bottéro écrit ceci, à propos du « cadre ethnique » mésopotamien : «  Mise à part l’intervention de tiers, indigènes ou immigrés, hautement vraisemblable, mais dont nous ne savons quasi rien (snif) et de toute façon marginale et secondaire, elle est (la civilisation suméro-akkadienne), en effet, issus de la symbiose entre deux populations, deux cultures : l’une sumérienne et l’autre sémitique, appelée, akkadienne ».

Ainsi selon notre auteur, la thèse d’une intervention d’un peuple tiers (sous entendu négro-africain) est hautement appréciable, tout en ne représentant quasiment rien.... Bravo ! Il faut rappeler que lorsqu’il est à jeun, Jean Bottéro est un des plus brillants spécialistes français de la Mésopotamie [4].

Mais c’est surtout sur la documentation écrite mésopotamienne, que l’analyse de Jean Bottéro nous est précieuse. Ainsi il atteste que «  les plus vielles archives écrites en Mésopotamie et retrouvées à ce jour, sont constituées en gros, de quatre collections principales de ces tablettes d’argile qui servaient de « papier » [5]dans le pays ».

TABLETTES CUNEIFORMES

A partir de son travail, nous pouvons donc classer comme suit, les documents écrits exhumés en Mésopotamie :

   Les plus anciennes tablettes extraites du sol de Sumer sont les Tablettes d’Uruk (trouvées à Uruk donc), mais également en Akkad , à Kish et qui datent de 3 200 avant l’ère chrétienne.

   Les Tablettes de Djemdet-Nasr trouvées dans la localité du même nom, datent de 3000/3100 avant l’ère chrétienne.

   Les Tablettes d’Ur, exhumées dans la localité du même nom, datant de 2700 avant l’ére chrétienne.

   Les Tablettes de Fâra au pays d’Akkad, datent elles de 2 600 avant l’ère chrétienne.

On sent bien le malaise de l’auteur dans tout le passage car il sait qu’il mystifie la réalité historique de la Mésopotamie.

   Premièrement, il n’y a pas d’écriture ni en 3200, ni en 3100, ni en 3000 avant l’ére chrétienne en Mésopotamie et les premières traces sont en réalité des pictogrammes. L’auteur confond volontairement pictogrammes et écriture. Faut-il rappeler qu’un pictogramme est une forme figurative stylisée fonctionnant comme un signe d’une langue écrite et qui ne transcrit pas la langue orale.

   Deuxièmement, à défaut d’écriture (inexistant à l’époque), il s’agit en réalité de comptes ou de calculs qui nous éloignent considérablement de l’écriture à proprement parler.

   Troisièmement, si l’occident avait réellement inventé l’écriture, le support technique de l’écriture porterait aujourd’hui le nom de « tablette », [6]hors nous savons que le mot « papier » découle en droite ligne du « papyrus » kamit, support d’écriture inventé par les Africains anciens sur les berges du Nil [7].

   Quatrièmement, l’écriture mésopotamienne s’est évanouie. Elle n’a été reprise par personne et donc constitue inexorablement un cul de sac historique !

A vrai dire, Jean Bottéro essaie de temps en temps de ralentir son hémorragie eurocentriste en révélant par exemple à propos des Tablettes d’Uruk qu’elles « constituent manifestement des comptes » et donc pas une littérature.

Là-dessus, il ajoute que c’est seulement à partir de 2600, date des « premières inscriptions royales », que l’écriture s’est véritablement « étendue à d’autres domaines ». Et il conclut en révélant encore que l’écriture mésopotamienne est « née de besoins et de nécessités d’économie et d’administration ».

Répondu par Nefertari le dimanche 23 septembre 2007 - (#756)

Commentaire constructif, beau travail de recherche... Dommage qu'il soit employé à si mauvais escient.

« Pourquoi tient-on absolument en leucodermie, à faire naître l’écriture en Mésopotamie ? Et cela, même en dépit du bon sens ! Pourquoi les occidentaux veulent-ils à ce point, s’approprier une invention qui n’a point eu lieu sur leur sol et donc qui n’est pas le fruit de leur génie ? Cherchent-ils à masquer quelque chose ? A juguler un complexe ? Enigme ! »

=> Une autre question : pourquoi tant de véhémence et d’indignation tout à fait injustifiée ? La Mésopotamie serait donc le berceau désigné par l’occident par ce sombre complot qui vise à le mettre en valeur contre toute vérité historique… Car c’est bien connu, la Mésopotamie est en occident… Vraiment ?

=> De plus, dans ce contexte égocentrique et chauvin, on imagine aisément pourquoi l’occident voudrait s’approprier toute avancée notable dans le domaine de la civilisation. Il s’agit bien évidemment de pallier à ce complexe qui nous hante tous, et dont j’ignore la teneur… Pouvez-vous m’éclairer davantage à ce sujet avant que la paranoïa n’ait raison de moi?

« Dans le cadre de l’historiographie eurocentriste, il existe une espèce de réflexe naturel qui consiste à faire de l’occident, le père géniteur de tous les savoirs anciens. »

=> Bien sûr. Il est de notoriété publique que le berceau de l’humanité n’est pas africain mais occidental. Que celui de l’astronomie n’est pas sud-américain, que les chiffres que nous utilisons aujourd’hui ne proviennent pas des civilisations arabes. Et les historiens sont tous « eurocentristes », cela va de soi. Le fait est que la proéminence de l’occident dans l’Histoire a plutôt débuté avec l’Antiquité, du moins me semble-t-il. Avant cela il n’est que peu mentionné, au détriment d’autres continents qui ont, eux, réellement été les berceaux des civilisations et de l’humanité.

« Ainsi selon notre auteur, la thèse d’une intervention d’un peuple tiers (sous entendu négro-africain) est hautement appréciable, tout en ne représentant quasiment rien.... Bravo ! Il faut rappeler que lorsqu’il est à jeun, Jean Bottéro est un des plus brillants spécialistes français de la Mésopotamie [4]. »

=> Merci de dévoiler au grand jour ces sous-entendus et ces immondices racistes que sans votre esprit éclairé nous ne saurions apprécier. Je me contenterai pour ma part de vous inviter à (re)lire les définitions des termes « indigène » et « immigré », vous seriez étonné de leur neutralité et de leur universalité.

« Là-dessus, il ajoute que c’est seulement à partir de 2600, date des « premières inscriptions royales », que l’écriture s’est véritablement « étendue à d’autres domaines ». Et il conclut en révélant encore que l’écriture mésopotamienne est « née de besoins et de nécessités d’économie et d’administration ». »

=> Et oui, l’écriture mésopotamienne est née pour faire face à des besoins de comptabilité. Dure révélation. Le fait est que ce besoin de noter et de conserver des données numériques a exclusivement motivé l’apparition de l’écriture qui s’est imposée comme seule réponse possible à cette nécessité.

Une fois encore, je me permets donc de vous remercier pour votre réflexion à la fois surprenante et pleine de révélations qui vont, j’en suis sûre, enfin dévoiler au monde à quel point l’occident est l’exemple même de l’Histoire erronée.


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Posté par dov le samedi 07 juin 2008 - (#2127)

je pense que vous faites une erreur quant à la source de la plupart des alphabets, écritures et langues. Je vous invite à revoir vos leçons et d'en déduire la plus évidente et implacable des logiques.

Répondu par Benjamin le dimanche 08 juin 2008 - (#2139)

Et quelle est cette évidente et implacable logique ? ^^


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Posté par enjoylife le jeudi 14 juillet 2011 - (#5204)

En 1900, des chercheurs ont retrouvé à Abydos (Egypte) des centaines d'étiquettes en ivoire gravées d'inscriptions, datées entre 3250 et 3150. Les chercheurs ont rapidement réalisé que certains hiéroglyphes formaient des mots. si des mots sont datés en égypte en 3150 ans av JC cela signifie que l'apparition d'une écriture simplifiée est bien antérieure à 3150 ans av J.C et donc à l'apparition de lécriture en mésopotamie datée de 3000 ans av J.C


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