Les Hittites

Publié le lundi 17 novembre 2008 par Benjamin Recommander l'article à un(e) ami(e) Version imprimable Version PDF (2) Lire / Ecrire un commentaire :

Avant toute chose, je tiens à préciser que cet article n’est, en aucun cas, un portrait complet de la civilisation hittite. Il vise juste à vous la présenter afin que vous connaissiez un peu mieux ce peuple qui a beaucoup interagi avec les égyptiens.

De nos jours, les hittites restent un peuple assez méconnu mais qui a pourtant dominé toute la région de l’Asie mineure (Anatolie) pendant de nombreux siècles.

Qui étaient-ils vraiment ?

Il s’agit d’un peuple d’origine indo-européenne qui a migré en plusieurs étapes vers la région de l’Asie mineure au milieu du IIIème millénaire avant J.-C.. Il n’était, à la base, qu’un groupe de tribus isolées, attiré par un objectif commun : les richesses en minerais de l’Anatolie. Arrivées sur place, les différentes ethnies luttèrent contre un peuple autochtone, les Hattis, avant de les vaincre et de s’installer sur leurs terres. Celles-ci s’inspirèrent largement de leur culture, leurs rites et finirent par s’unifier pour former les Hittites. On assista réellement à une fusion !

Par la suite, ce peuple se développa et se retrouva à la tête d’un assez vaste empire avec pour capitale, Hattusa. On dit même qu’au IIème millénaire avant J.-C., les hittites représentaient une des plus grandes puissances militaires de la région avec les égyptiens et les assyriens.

Carte de l’empire hittite

Carte de l’empire hittite avec ses différents voisins (Les positions des empires voisins sont figurées à l’apogée de l’empire hittite. Ils ont été ou seront donc beaucoup plus vastes à un moment ou à un autre de leur Histoire)

La position privilégiée de l’empire hittite donna d’ailleurs lieu à de nombreux affrontements entre tous ces fameux voisins ! Chacun voulant s’en approprier les terres. Ils résistèrent cependant, parvenant même à étendre leur royaume jusqu’à la Mitannie (à l’est) et même jusqu’aux villes de Kadesh et d’Ougarit (au sud). Pour ces dernières, égyptiennes à la base, des affrontements très violents ont eu lieu, qui se soldèrent la plupart du temps par des « matchs nuls ». Toutefois, sous Ramsès II (vers 1284 avant J.-C.), un traité de paix sera signé entre les deux puissances grâce à la reine Néfertari. L’alliance sera respecté pendant près d’un siècle !

Mais parlons maintenant un peu plus de la civilisation hittite en elle-même !

La langue et l’écriture

Les hittites parlaient un dialecte propre que l’on nommait le nésite. Ce fut la langue officielle de l’empire pendant des siècles. Par la suite et grâce à leurs nombreuses conquêtes, beaucoup de cultures vinrent se mélanger à la leur. Notamment celle des hattis, à laquelle ils empruntèrent de nombreux mots. Pour citer un exemple, la langue de ce peuple subsistait toujours au niveau de l’aspect religieux et administratif. Il convient également d’ajouter à cela toutes les déclinaisons régionales de la langue principale. Au niveau de l’écriture, dans les premiers temps de leur Histoire, les hittites n’en possédaient pas. Ils adoptèrent par la suite le système cunéiforme, apparu dans cette région, en l’adaptant à leur langue.

La religion

Les hittites possédaient un large panthéon composé de plusieurs centaines de divinités ! Comme pour les langues, elle est le résultat d’un mélange entre leur religion originelle et celle des hattis. Les divinités pouvaient également varier selon les régions du fait des multiples conquêtes, toujours par le procédé de mélange des cultures. De quoi aboutir à un panthéon très complexe !

Classiquement, le culte était pratiqué dans un temple qui renfermait une statue de la divinité. Elle pouvait en sortir lors des différentes fêtes et manifestations religieuses.

Ruines du Grand Temple d’Hattusa

Ruines du Grand Temple d’Hattusa

La société hittite

L’empire hittite est dirigé par un roi, entouré de sa cour. A l’inverse de la société égyptienne, celui-ci n’est pas considéré comme un dieu mais simplement comme leur représentant sur Terre. Il administre le royaume en leur nom. En réalité, le souverain n’accédait au statut de divinité qu’à sa mort. Il possédait donc tous les pouvoirs. Quant au peuple, il était divisé en trois : les hommes libres (paysans, artisans, marchands…), les serfs (ils font partis des populations soumises et cultivent la terre sans aucune liberté) et les esclaves (au service d’un maître mais possède toutefois un vrai statut juridique ainsi que la liberté d’épouser une femme libre : exceptionnel pour l’époque !).

L’art

Comme dans beaucoup de civilisations de l’époque, l’art était au service du religieux sous la forme de statuettes, d’amulettes en argent, en or, voire en argile. On retrouve également des bas-reliefs représentant les rois ou même les dieux.

Tudhaliya IV

Bas-relief représentant le souverain hittite Tudhaliya IV, près d’Ankara, Turquie

Les relations avec les égyptiens

La plupart du temps ennemis, quelques fois alliés par intérêt, les égyptiens et les hittites entretenaient des relations des plus complexes ! Par exemple, sous Thoutmôsis IV (1400 à 1390 avant J.-C.), les relations amicales prédominèrent, sans incident majeur. La paix relative continua sous Aménophis III tandis que l’empire hittite reprit son expansion vers l’est. Soucieux de se protéger contre la puissance grandissante de l’empire assyrien, les hittites projetèrent d’envahir la Mitannie. Cependant, cette dernière avait conclu une alliance avec les égyptiens, la protégeant de toute attaque. Mais à cause de l’arrivée au pouvoir d’Aménophis IV (Akhenaton), le pays traversait une crise religieuse grave, laissant la porte ouverte à une invasion hittite de la Mitannie. A ce moment de l’Histoire, la puissance hittite rivalisait largement avec les troupes égyptiennes. Les relations se dégradèrent progressivement avec des affrontements de plus en plus nombreux. Horemheb (1323 à 1295 avant J.-C.), parvint entre autres à reconquérir la Palestine avant de déclarer la paix provisoire. Par la suite, sous Séthi Ier (1292 à 1279 avant J.-C.), l’avantage tourna encore à la faveur des égyptiens. Les tensions perdurèrent des années, ponctuées d’affrontements, jusqu’au grand combat final à Kadesh, sous Ramsès II (1279 à 1213 avant J.-C.). Les violents combats se soldèrent a priori par un « match nul » même si les deux camps se clamèrent victorieux. Toutefois, l’imminence du danger assyrien poussa Ramsès II et le souverain hittite, Hattusili, à conclure une alliance. La paix durable fut obtenue grâce à une correspondance entre Néfertari, épouse de Ramsès II, et la reine hittite. Il s’agissait là du premier traité de paix de l’Histoire ! Il sera respecté pendant près d’un siècle.

Le traité de paix de Kadesh

Le traité de paix de Kadesh, écrit en cunéiforme, entre les égyptiens et les hittites. Il comprend un pacte de non-agression ainsi que la promesse d’un mariage dynastique entre Ramsès II et une fille d’Hattusili

La fin

Les attaques incessantes des assyriens finirent par avoir raison de l’empire hittite. La fin de cet impressionnant royaume n’est pas très claire mais on pense que, sur un climat de fragilité politique (volontairement amené par les égyptiens), le territoire éclata en plusieurs régions autonomes. Les derniers souverains hittites ne parvinrent donc plus à contenir les assauts assyriens ainsi que ceux des « Peuples de la mer » aboutissant à la fin de la civilisation hittite. Vers 715 avant J.-C., toutes les provinces hittites furent intégrées à l’empire assyrien.

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