Horreyya, un café multiculturel à l’image du Caire

Publié le mardi 08 mai 2012 par Benjamin Wiacek Recommander l'article à un(e) ami(e) Version imprimable Version PDF (0) Lire / Ecrire un commentaire :

Sur Midan Falaky, à deux pas de Talaat Harb, se trouve le café Horreyya. Lieu cosmopolite et animé, il est incontournable pour les Cairotes qui s'y retrouvent volontier autour d'un thé ou d'un verre d'alcool. "Un café multiculturel, à l’image du Caire", selon ses habitués.

Le café Horreyya

Le café Horreyya.

Les fenêtres sont fermées par des palissades qui cachent l’intérieur depuis la rue. Mais les portes sont ouvertes, et les deux serveurs Milad et Saad vous accueillent chaleureusement avec une Stella dans la main avant même de vous trouver une table et une chaise de libre, l’endroit étant souvent bondé. Mais Horreyya n’a pas toujours été ainsi. Dans les années 50, l’ambiance était toute autre. Monsieur Farouk, comme on l’appelle, se souvient :

"J’y allais déjà avec mon père quand j’étais petit. C’était plus propre, les gens venaient habillés en costume. Ils discutaient dans le calme et jouaient au bridge en fumant le cigare".

Les boiseries n’étaient pas jaunies par la fumée et c’étaient surtout les classes aisées qui fréquentaient le café. Aujourd’hui, égyptiens, étrangers, artistes, écrivains, hommes d’affaires, faux guides, hommes, femmes, homosexuels, jeunes ou vieux, tous se retrouvent dans ce café pour boire et pour discuter. Il y a du bruit, les bouteilles recouvrent les tables en marbre lézardées, le sol est noir et jonché de mégots de cigarettes. Un cireur de chaussures fait plusieurs fois le tour de la salle tandis qu’une femme propose quelques journaux. Au mur, une vieille publicité "Vimto, votre boisson préférée" dernier signe de la grandeur passée.

Le café Horreyya

Le café Horreyya.

Horreyya est un endroit unique en son genre Le café est également ouvert pendant le Ramadan, mais il n’y a pas d’alcool.

"Tous les gens qui ne jeunent pas viennent ici", me raconte Said, un habitué depuis 7 ans.
"Moi je viens pour l’ambiance avant tout, et pendant le Ramadan, je commande un thé, mais je le laisse de côté" rajoute-t-il.

Hicham, lui, connait depuis 10 ans ce café, mais vient tous les jours depuis 4 ans. Le regard vif derrière ses lunettes, avec son étui et son porte-cigarette, il est un des personnages phare de Horreyya.

"Pour moi, c’est un point de rendez-vous. Je passe ici après une soirée, avant une autre. C’est toujours ici que les gens se retrouvent. C’est une étape obligée" m’explique-t-il.

Anecdote amusante, le café est divisé en deux.

"Il y a le côté Hallal à gauche, où l’on joue aux échecs et boit du thé, et à droite, le côté Haram où l’on boit de l’alcool" précise Said.

Mais quelque soit la raison de votre première venue, Horreyya ne laisse pas indifférent, et il y a fort à parier pour que vous y reviendrez, ne serait-ce que pour y retrouver des amis…

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