Les obélisques (construction et symbolique)

Un article du site www.egyptos.net

Benben est le nom égyptien désignant l’obélisque. Monument monolithe, l’obélisque était l’une des premières représentations du dieu Atoum-Khépri. Selon la légende Héliopolitainne, ce dieu qui est son propre créateur est alternativement Rê, représentation du soleil, Atoum, l’être achevé, ou encore Khépri, nom du scarabée poussant devant lui une boule de glaise, illustration de la force primordiale.

Temple de Louxor

Temple de Louxor

Erigé auprès des temples, souvent par deux à l’occasion d’un jubilé, les obélisques s’élèvent pour certains à plus de 30 mètres de hauteur et sont composé de 3 parties :

Le piédestal, qui assure l’équilibre de l’ensemble, est souvent orné de babouin cynocéphales, singes réputés accueillir le lever du soleil par des cris stridents.

Le corps de l’obélisque, quadrangulaire et s’amincissant vers le sommet, est couvert de symbole et textes dédiés aux divinités ainsi qu’au pharaon qui l’avait fait construire.

Enfin l’obélisque est coiffé à son sommet d’une petite pyramide appelé pyramidion (benbenet en égyptien). Le pyramidion, orné de scènes religieuses et de textes à l’effigie du pharaon qui l’avait fait édifier, était recouvert d’électrum (alliage d’argent et d’or), symbolisant le dieu solaire, Rê.

Ces aiguilles monolithes étaient confectionnées dans des roches dures et denses, tel le granit ou le quartzite. Elles étaient taillées d’un seul bloc en creusant de part et d’autre des tranchées. Pour obtenir ces tranchées, les égyptiens effectuaient tout d’abord une série d’encoches tout autour du bloc qu’ils voulaient détacher, puis y enfonçaient des coins de bois. Une fois mouillés, ceux-ci gonflaient en faisant éclater la pierre. Les égyptiens attendaient ensuite la montée des eaux lors de la crue du Nil pour transporter les obélisques. Ils les plaquaient sur une barge tractée par plusieurs bateaux à rame qui les conduisaient vers le temple auquel ils étaient destinés.

Obélisque inachevé, Assouan

Obélisque inachevé, Assouan

Les obélisques étaient alors mis en place grâce à un système très ingénieux : le silo à sable. Le monolithe était tiré par des centaines d’homme jusqu’au sommet d’une énorme rampe de briques crues en position horizontales, ils basculent ensuite peu à peu dans un haut caisson rempli de sable. Lorsque le lourd bord le plus bas de l’obélisque atteignait la projection de l’emplacement de la base, les ouvriers enlevaient le sable par une ouverture situé en bas du caisson. L’obélisque descendait alors peu à peu dans le caisson jusqu'à ce que le monolithe arrive en position oblique et que l’une de ses arrêtes inférieure vienne s’insérer dans un sillon. Enfin, pour le mettre en position vertical, l’obélisque était tiré par des cordes pour le faire pivoter sur cette arrête.

Dessin de Jean-Claude Golvin, publié dans Les Bâtisseurs de Karnak.

L’obélisque mis en place pouvait alors être décoré et coiffé de son pyramidion à l’aide d’un échafaudage construit autour de lui.

Auteur : Nico
Mise en ligne le : mardi 22 novembre
Dernière mise à jour le : mardi 22 novembre
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