Jour 7 : Vendredi 26 avril 2002

Un article du site www.egyptos.net

La nuit fut plus longue que la précédente : le réveil était à 7h00. Nous allions enfin visiter le temple de Karnak, la demeure du dieu Amon, le dieu solaire, le premier dieu du panthéon égyptien lors du Nouvel Empire.

On arrive au temple par l’allée des sphinx, le dromos. Il ne reste que quelques sphinx à tête de bélier avec entre les pattes une des épouses de Ramsès II. Le pylône fait quarante-deux mètres de haut, c’est le plus haut d’Egypte ! On entre ensuite dans la première cour : on voit se dresser la colonne de vingt et un mètres de Taharqa, seul vestige du kiosque construit par ce pharaon. On a sur la droite un petit temple construit par Ramsès III. Au bout de la cour, se dresse la statue de Ramsès II avec une de ses épouses à ses genoux. Encore une fois, la statue de la femme n’arrive qu’aux genoux du pharaon…

On pénétra ensuite dans la partie la plus extraordinaire du temple : la salle hypostyle. Pièce aux dimensions très impressionnantes : cent deux mètres de large, cinquante-trois mètres de profondeur et ses cent trente-quatre colonnes de vingt-trois mètres de haut ! Le chapiteau des colonnes a une circonférence de dix mètres et l’on sait que cinquante personnes pourraient tenir sur le sommet ! Cette salle fut commencée par Amenhotep III puis terminée par Séthi 1er et Ramsès II. Lorsque la salle était couverte, la lumière entrait par des de petites fenêtres soigneusement placées. De plus, beaucoup de couleurs subsistent sur ces colonnes d’une incroyable finesse.

Comme pour les pyramides et Abou Simbel, je me sentis très petit dans cette salle : imaginez-vous dans une véritable « forêt de colonnes » immense, majestueuse, imposante ! Puis nous continuâmes notre avancée dans le temple. Il y avait les obélisques d’Hatshepsout et de Thoutmosis III, de magnifiques bas-reliefs encore colorés et de nombreuses autres merveilles. Nous arrivâmes au lac sacré, lieu où les prêtres se lavaient et faisaient les rituels. A l’angle du lac, se trouve sur un socle un énorme scarabée provenant peut-être du temple funéraire d’Amenhotep III. Une légende raconte que si l’on fait sept fois le tour du scarabée dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, notre vœu se réalisera. Je ne sais pas si cela est exact, je n’eus pas le temps d’essayer, il fallait déjà repartir…

Nous partîmes pour une fabrique de papyrus. Là, un homme nous expliqua en détail et nous montra comment les anciens fabriquaient du papyrus : on coupait tout d’abord la tige en fines lamelles que l’on mettait dans l’eau. Puis on les écrasait avec un rouleau et on les martelait avant de les disposer en couche pour en faire une feuille. On mettait celle-ci sous presse pendant plusieurs jours et la feuille était prête à l’emploi.
J’achetai deux vrais papyrus : un avec un signe du zodiaque pour mon père avec son nom en hiéroglyphes, et un représentant Toutankhamon sur son char pour moi.

L’après-midi, je fis une sieste au soleil. Je repensais à tout ce que j’avais eu la chance de voir. Mon amour pour cette civilisation ne cessait de s’accroître. Mais j’étais aussi empli de tristesse, ou plutôt de déception : en effet, c’était ma dernière journée. Le lendemain après-midi, je devais repartir en France, c’était la fin de mon magnifique voyage ! Il me restait à visiter le temple de Louxor, "le Harem du Sud", lieu où tous les ans, lors de la fête d’Opet, le dieu Amon venait de Karnak jusqu’ici pour se régénérer.

Mais avant, je devais aller au « son et lumière » à Karnak. Le deuxième prévu pendant la croisière. Alors que celui de Philae était plus romantique, plus intimiste, au bord de l’eau…. Celui-ci était plus grandiose, dans le même esprit que le temple lui-même. Le spectacle se déroulait de la même manière qu’à Philae, nous baladions puis nous allions dans les gradins. Retourner dans la salle hypostyle en pleine nuit me réjouis au plus haut point. Je me sentis transporté. A un moment, je vis la lune placée juste au-dessus d’un obélisque, comme posée sur celui-ci ! Plus tard, dans les gradins, les lumières éclairèrent le lac, c’était sublime. Le spectacle dura une heure un quart. Ce spectacle parlait d’Amon, de son histoire.

Au début de l’ère égyptienne, Amon n’était que le dieu local de la ville de Thèbes, en Haute Egypte. Ce n’est que pendant la Deuxième Période intermédiaire que cela changea : lors de celle-ci, l’Egypte fut envahie par les Hyksos – ou « souverains étrangers » en égyptien, et c’est de Thèbes que s’organisa la résistance avec Kamôse et son frère Ahmosis qui devint le premier pharaon de la XVIIIe dynastie. De ce fait, Amon devint le dieu national. Il fut associé à une femme, Mout, et à un fils, Khonsou. Ils forment ensemble la triade thébaine. Son clergé devint le plus riche et le plus puissant d’Egypte. C’est, en autres, pour cette raison qu’Amenhotep IV décida de supprimer le culte de tous les dieux et d’imposer celui d’Aton, le disque solaire. Il changea son nom d’« Amenhotep », « Amon est en paix » en « Akhenaton », qui signifie « serviteur d’Aton » et créa une nouvelle capitale. Avec son épouse, Néfertiti, « La belle est venue », ils se chargeaient seuls du culte. A la mort du pharaon, le clergé d’Amon repris le contrôle. Aton fut supprimé, son nom martelé et le souvenir d’Akhenaton effacé. Son successeur, Toutankhaton, recommença le culte des dieux et devint le célèbre Toutankhamon…

Les personnes qui virent les deux « son et lumière » restèrent indécises entre les deux. Celles qui ne virent que le second l’apprécièrent. Moi, je trouvai que les spectacles avaient été fabuleux tous les deux. J’avais pu me balader en pleine nuit dans des lieux magiques… En revenant, nous assistâmes à la dernière soirée à bord. Il y eut une danseuse du ventre, suivie d’un chanteur puis enfin un magicien qui faisait ses tours en dansant. Ce fut une « sacrée soirée » !

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Auteur : Benjamin Wiacek
Mise en ligne le : mardi 06 décembre
Dernière mise à jour le : mardi 06 décembre
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