Les Scribes

Publié le samedi 20 août 2005 (mis à jour le samedi 12 mai 2007) par Nico, Benjamin Recommander l'article à un(e) ami(e) Version imprimable Version PDF (14) Lire / Ecrire un commentaire :

De rares savants :

Le scribe ou seh présent dans tous les secteurs d’activité, exploitations agricoles, ateliers, armée, administration des temples ou institution de l'Etat, appartiennent à une classe bien définie et assez fermée. Il semblerait que seulement 1 à 4% de la population pharaonique savait lire, ainsi le sesh se détachait de l'analphabétisme environnant grâce à sa connaissance des secrets de l'écriture et de la lecture. Le scribe partageait ses talents, vu comme un privilège et même un mystère, avec les souverains et les dieux.

Scribe exposé au musée du Louvre

Les yeux du célèbre scribe accroupi du Louvre sont en cristal de roche et albâtre cerclés de cuivre. Ve dynastie, Paris, musée du Louvre.

Des écoles :

En théorie tout Egyptien, quelle que soit sa condition sociale, pouvait espérer améliorer sa position dans la société en se soumettant au dur apprentissage des lettres et de l’arithmétique. Pourtant les scribes étaient généralement des fils de scribes et peu de membres ou enfants de membres d'autres professions réussissaient à entrer dans ce groupe. Les écoles, dirigées par les scribes, dépendaient de la cour. Il y avait également des écoles privées gérées par des prêtres. Les enfants entraient à l’école à l’âge de cinq ans et en sortaient à quinze, prêts à entreprendre la carrière administrative. La formation consistait essentiellement en l’apprentissage des signes de l’écriture, par le biais d’exercices de copiage très ennuyeux. Ce fut peut-être pour rendre le métier de scribe plus attirant à son fils Pépi, que Khéty écrivit, au début de la XIIe dynastie, sa fameuse sagesse, connu sous le nom de Satire des Métiers. D'après lui "c'est le plus beau des métiers", "il n'y en a pas d'autre comme lui dans le pays" et surtout:

« Vois, il n'y a pas de métier sans patron, sauf celui de scribe; il est le patron. Désormais si tu sais écrire, il fera mieux pour toi Que toutes les professions que je t'ai présentées. »
Scribe au travail dans son bureau

Scribe au travail dans son bureau. Relief de la tombe de la princesse Idout à Saqqara, VIe dynastie.

Le quotidien du Sesh :

Le travail du scribe consistait à rédiger les registres d’entrées et de sorties des aliments dans les magasins de la cour ou dans les greniers à blé des grands sanctuaires. Il assistait aussi le nomarque pour recouvrer les impôts dans les différentes provinces du royaume. Les scribes étaient souvent non seulement des comptables, mais aussi de véritables intellectuels : c’est à eux que l’on doit la composition des œuvres littéraires que les papyrus nous ont transmises. Les scribes remplissaient aussi la fonction d'écrivain public. Ils établissaient les contrats légaux les plus divers et servaient aussi parfois de témoins, ils écrivaient les lettres sous la dictée ou les lisaient à ceux qui ne pouvaient le faire eux-mêmes.

Les arts figuratifs reproduisent souvent le scribe assis, dans la position traditionnelle du lotus, les jambes croisées, son rouleau de papyrus ouvert sur ses genoux et la plume à la main. A ses côtés, l’étui en bois qui lui servait aussi de palette pour préparer les couleurs et de boîtier pour conserver ses plumes. L’habillement du scribe le distingue des gens du peuple : il porte toujours une sorte de jupette courte et trapézoïdale, et ses cheveux sont coupés courts, en calotte. Dans l'Egypte ancienne on reconnaissait immédiatement un scribe aux tablettes de bois ou de pierre attachées à une corde qu'il portait par dessus son épaule.

Bien que leur travail servit les intérêts de la classe dirigeante, la majorité des scribes organisaient avec ardeur, efficacité et patience, la vie quotidienne de la société égyptienne. Ils constituaient un vaste réseau d'hommes cultivés qui contribuaient au développement de leur culture. Malgré leur nombre et leur omniprésence dans toutes les branches d'activité, les scribes ne furent jamais un frein au progrès ou dans une bureaucratie dans le sens péjoratif du terme. Sans leurs efforts, les monuments des anciens Egyptiens seraient des témoins muets de leur temps.

Le matériel du scribe :

Pour écrire, le scribe avait besoin d’un support à la fois souple et résistant. C’est pourquoi il choisissait le papyrus. On le fabriquait à partir de la tige de la plante du même nom.

Plante de Papyrus

Il suffisait d’enlever l’écorce de la tige et de découper ce qui restait en fines lamelles. Ces lamelles devaient ensuite être juxtaposés en plusieurs couches et martelées à l’aide d’une sorte de broyeur jusqu’à ce que l’ensemble soit adhérent. On obtenait ainsi des feuilles qui, mises bout à bout, formaient le rouleau de papyrus. La dernière opération consistait à lisser le support grâce à une pierre pour permettre une écriture de meilleure qualité.

Outre de posséder un support d'écriture, le scribe devait également disposer de plusieurs outils pour exercer son talent. Tout d’abord, il employait un calame. Il s’agissait d’une simple tige de jonc dont il mordillait l’extrémité pour en faire une sorte de pinceau.

Un calame

Ensuite, il devait préparer ses encres. Par exemple : pour le rouge, il utilisait de l’oxyde de fer ; pour le noir, il prenait du noir de fumée. Grâce à un broyeur et à un mortier, il pouvait façonner une substance solide qu’il plaçait dans une sorte de palette que l’on appelait des godets. Le scribe disposait aussi d’un pot rempli d’eau dans lequel il trempait son calame pour délayer les encres. S'il avait une correction à faire sur le papyrus, un grattoir et une pierre pour polir étaient indispensables. Le scribe était alors prêt à assumer son rôle.

Taggé avec : scribe, sesh, scribes